Aucune assurance emprunteur ne couvre tous les sinistres. Certaines exclusions s’appliquent à tous les contrats, mais le plupart varient d’un assureur à l’autre et dépendent du profil de chaque emprunteur. Ce sont pourtant elles qui déterminent, le jour où un problème survient, si la banque sera remboursée à votre place ou non.
Groupe Hueber Assurances fait le point sur ces clauses, en commençant par leur définition. L’article présente d’abord le périmètre de chaque garantie, ce qui distingue une exclusion d’une franchise, d’un délai de carence ou d’une limite d’âge, et les conditions qu’une clause doit remplir pour être valable. Il détaille ensuite les exclusions imposées par la loi, c’est-à-dire la faute intentionnelle ou dolosive et le suicide la première année, ainsi que la fausse déclaration, qui obéit à une autre logique. Il passe en revue les exclusions présentes dans presque tous les contrats, liées aux comportements à risque ou aux événements exceptionnels. Viennent ensuite celles qui dépendent de votre profil : la santé, les maladies non objectivables, les sports et métiers à risque, avec la différence entre exclusion totale et partielle. Les deux dernières parties expliquent comment limiter les exclusions avant de signer, grâce à la FSI, au rachat ou au changement d’assurance, puis comment contester un refus d’indemnisation, de la réclamation jusqu’au juge.
Qu’est-ce qu’une exclusion de garantie en assurance emprunteur ?
Avant de passer en revue les exclusions elles-mêmes, il faut savoir jusqu’où va chaque garantie et ce qui distingue une exclusion des autres restrictions qu’un contrat peut contenir. Les conditions qu’une clause doit remplir pour être opposable à l’assuré complètent ce point de départ.
Une clause qui fixe les limites de chaque garantie
L’assurance emprunteur prend le relais du remboursement lorsque l’emprunteur décède ou ne peut plus honorer ses échéances pour des raisons de santé. Elle intervient aussi en cas de perte d’emploi, si cette garantie a été souscrite. Aucune loi n’impose d’assurer un crédit immobilier, mais les banques conditionnent presque toujours leur prêt à une couverture décès et PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie). Pour l’achat d’une résidence principale, elles réclament en général les garanties invalidité et incapacité de travail en plus.
Le contrat définit le périmètre de chaque garantie. Dans l’avis du CCSF adopté en mai 2026, les assureurs se sont engagés à ce que le terme « décès » recouvre toutes les causes de décès, maladie comme accident. Seuls les contrats qui limitent expressément la garantie au décès accidentel font exception. Les assureurs ont aussi promis d’aligner les seuils d’invalidité sur 66 % pour l’invalidité permanente totale (IPT) et sur 33 % pour l’invalidité permanente partielle (IPP). L’incapacité professionnelle sera appréciée au regard du métier réellement exercé par l’assuré. Ces engagements concernent les contrats souscrits à partir du 1er septembre 2026 et doivent être appliqués à toutes les nouvelles adhésions au plus tard le 1er juin 2027. Les contrats déjà signés gardent leurs propres définitions. La garantie ITT verse des indemnités pendant un arrêt de travail, une fois la franchise écoulée. La garantie perte d’emploi se limite, dans la plupart des contrats, au licenciement économique et ne couvre ni la démission ni la rupture conventionnelle.
L’exclusion joue à l’intérieur de ce périmètre. Le sinistre correspond bien à ce que la garantie prévoit, mais il survient dans une situation que le contrat a écartée à l’avance. L’assureur n’a alors rien à verser.
Exclusion, franchise, délai de carence, limite d’âge : ne pas tout confondre
Un refus de prise en charge ne découle pas toujours d’une exclusion. D’autres clauses réduisent ou retardent l’indemnisation, avec un effet comparable pour l’emprunteur. La Médiation de l’assurance a d’ailleurs constaté que leur addition pouvait priver un assuré de couverture au moment où il change de contrat. Savoir à quel mécanisme on a affaire aide à identifier ce qui se négocie, ce qui se rachète et ce qui se conteste.
Les conditions de validité d’une clause d’exclusion
Un assureur ne peut pas écarter n’importe quelle situation à sa guise, car le Code des assurances encadre la rédaction de ces clauses. L’article L112-4 impose que les exclusions apparaissent en caractères très apparents. Leur présentation doit donc les détacher nettement du reste du contrat, par exemple en gras, en majuscules ou dans un encadré. L’article L113-1 exige ensuite qu’elles soient formelles et limitées. La clause doit se comprendre sans interprétation, viser des cas précis et laisser à la garantie l’essentiel de sa portée. La Cour de cassation écarte régulièrement les rédactions trop vagues ou trop larges.
Les exclusions doivent également figurer dans la notice d’information remise avant l’adhésion, pour que l’emprunteur s’engage en connaissance de cause. Une clause qui ne respecte pas ces exigences ne peut pas être opposée à l’assuré, et l’assureur doit alors indemniser le sinistre comme si elle n’existait pas. Lorsqu’un refus de prise en charge s’appuie sur une exclusion, c’est souvent le premier point à vérifier.
Les exclusions légales : ce qu’aucun contrat ne couvre
La loi met elle-même deux situations hors du champ de l’assurance emprunteur. La première concerne le comportement de l’assuré, la seconde le suicide pendant la première année du contrat. Une troisième règle est souvent rangée parmi elles, alors qu’elle relève en réalité d’une logique de sanction.
La faute intentionnelle ou dolosive
L’article L113-1 du Code des assurances interdit à l’assureur de prendre en charge un sinistre que l’assuré a provoqué par une faute intentionnelle ou dolosive. Cette règle s’impose à tous les contrats, quelle que soit leur rédaction, puisque l’assurance repose sur un événement incertain et qu’un sinistre voulu n’a plus rien d’aléatoire.
La faute intentionnelle suppose que l’assuré ait recherché le dommage lui-même. La faute dolosive va moins loin : l’assuré n’a pas forcément voulu le dommage, mais il a agi de façon délibérée en sachant que son acte le rendait inévitable. En assurance emprunteur, l’exemple typique est celui d’un emprunteur qui se blesse volontairement pour obtenir un arrêt de travail indemnisé. La fraude à l’indemnisation entre dans le même cadre.
Le suicide la première année et l’exception pour la résidence principale
D’après l’article L132-7 du Code des assurances, la garantie décès ne produit aucun effet si l’assuré se donne la mort au cours de la première année du contrat. À partir de la deuxième année, elle doit couvrir ce risque. Lorsque les garanties sont augmentées en cours de contrat, la part de capital supplémentaire suit la même règle : elle n’est couverte en cas de suicide qu’à partir de la deuxième année qui suit l’augmentation.
Le même article prévoit une exception pour les prêts qui financent l’achat de la résidence principale. Dans ce cas, le suicide est couvert dès la souscription, dans la limite de 120 000 €. La loi ne vise ici que le décès. L’invalidité consécutive à une tentative de suicide relève des clauses de chaque contrat, et beaucoup l’excluent.
La fausse déclaration : une sanction, pas une exclusion
On trouve souvent la fausse déclaration dans les listes d’exclusions, mais elle obéit à un autre mécanisme. Le contrat ne met pas de côté un événement précis : c’est sa validité ou le montant de l’indemnité qui est remis en cause. Si l’emprunteur a menti ou caché une information volontairement et faussé ainsi l’appréciation du risque, l’article L113-8 permet d’annuler le contrat, et les cotisations versées restent acquises à l’assureur. Lorsque l’erreur a été commise de bonne foi, l’article L113-9 prévoit une réponse graduée. Si l’erreur est découverte avant tout sinistre, l’assureur peut ajuster la cotisation ou résilier le contrat. Si elle est découverte après un sinistre, il verse une indemnité réduite en proportion.
Les exclusions générales présentes dans presque tous les contrats
Certaines exclusions ne viennent pas de la loi mais reviennent d’un contrat à l’autre, au point de paraître universelles. Elles visent soit des comportements que l’assuré choisit d’adopter, soit des événements hors norme et des lieux que l’assureur refuse de couvrir.
Comportements à risque : alcool, stupéfiants, rixes et paris
La quasi-totalité des contrats écarte les accidents survenus sous l’emprise de l’alcool, au-delà du taux autorisé par le Code de la route. Ils écartent aussi les accidents liés à la prise de stupéfiants ou de médicaments sans prescription médicale. Lorsque la clause vise les sinistres causés par cet état, l’assureur doit établir un lien entre la consommation et l’accident, et un résultat d’analyse positif ne suffit pas. D’autres clauses se contentent de constater le taux au moment des faits, d’où l’intérêt de lire leur formulation exacte.
Les contrats excluent aussi, en règle générale, les blessures reçues lors d’une rixe à laquelle l’assuré a pris part de façon active. Ce n’est pas le cas lorsqu’il était en situation de légitime défense ou qu’il portait secours à une personne en danger. Les paris, les défis et les tentatives de record figurent eux aussi parmi les exclusions courantes, car l’assuré s’expose alors volontairement à un danger qu’il aurait pu éviter.
Événements exceptionnels et zones non couvertes : guerre, nucléaire, étranger
Les risques de guerre, civile ou étrangère, sont exclus de presque tous les contrats. Contrairement à ce qu’on lit souvent, aucun article du Code des assurances ne les écarte pour l’assurance emprunteur. La règle souvent citée concerne les assurances de dommages, comme celle d’une maison ou d’une voiture. Ce sont les contrats eux-mêmes qui prévoient l’exclusion, en général sous réserve d’une loi qui encadrerait un jour l’assurance en temps de guerre. La participation active à une émeute, à un attentat ou à un acte de terrorisme est exclue sur le même principe, tout comme les effets d’une explosion ou d’une radiation nucléaire.
Le lieu du sinistre peut enfin jouer. Beaucoup de contrats couvrent l’assuré dans le monde entier, mais certains limitent la garantie lors de séjours dans des pays jugés dangereux ou au-delà d’une certaine durée hors d’Europe. Pour l’incapacité de travail, l’assureur peut aussi exiger que l’arrêt soit constaté et suivi par un médecin en France ou dans l’Union européenne. Ces conditions varient beaucoup d’un assureur à l’autre, ce qui rend la lecture de la notice indispensable pour un emprunteur qui voyage souvent ou s’installe à l’étranger.
Les exclusions particulières liées à votre profil
Une autre partie des exclusions ne se trouve pas dans les conditions générales. L’assureur les ajoute au cas par cas, après avoir examiné la santé du candidat, ses éventuels problèmes de dos ou troubles psychiques, ses loisirs et son métier. Leur portée varie elle aussi : une exclusion peut retirer une garantie entière ou ne viser qu’une cause précise.
Santé : antécédents et pathologies préexistantes
Lorsque le contrat prévoit un questionnaire de santé, l’assureur étudie les réponses avant de se prononcer. Il peut accepter le dossier aux conditions standard, appliquer une surprime, refuser, ou exclure une pathologie déclarée. Dans ce dernier cas, la clause vise le plus souvent « les suites et conséquences » de cette affection : les arrêts de travail ou l’invalidité qui en découleraient ne seront pas pris en charge. L’exclusion apparaît dans les conditions particulières ou dans la proposition d’assurance que l’emprunteur signe. Il connaît donc sa situation avant de s’engager et peut comparer avec d’autres offres.
Certains contrats souscrits sans questionnaire, comme le permet la loi Lemoine dans certains cas, comportent pourtant une clause qui écarte les maladies antérieures à l’adhésion. Le CCSF a pris position sur ce point dans son avis de mai 2026. Il estime que ces clauses ne sont pas conformes à l’objectif de la loi, puisqu’elles reviennent à opposer à l’assuré un état de santé que l’assureur n’avait pas le droit de lui demander. Cet avis n’a pas la force d’une loi, mais un emprunteur peut s’en prévaloir pour contester un refus fondé sur un antécédent.
Maladies non objectivables : dos et troubles psychiques
Les assureurs regroupent sous le nom de maladies non objectivables (MNO) les affections dont aucun examen ne permet de mesurer précisément la réalité ou la gravité. On y trouve la plupart des douleurs de dos sans lésion visible à l’imagerie, ainsi que la fibromyalgie, la dépression, le burn-out ou les troubles anxieux. Ces affections sont à l’origine de nombreux arrêts de travail, et beaucoup de contrats limitent leur prise en charge. Certains les excluent purement et simplement. D’autres ne les couvrent qu’après une hospitalisation d’une durée minimale ou une intervention chirurgicale.
Plusieurs assureurs proposent une option, souvent appelée « dos/psy », qui supprime ces conditions moyennant une cotisation plus élevée. Pour un emprunteur qui exerce un métier physique ou très exposé au stress, cette option pèse parfois plus lourd dans la comparaison que quelques centièmes de point d’écart sur le taux.
Sports et métiers à risque : des exclusions ciblées
La pratique régulière de certains sports aériens, mécaniques, de combat ou de montagne conduit souvent l’assureur à exclure les accidents survenus pendant l’activité. Cela s’applique d’autant plus quand l’assuré participe à des compétitions. La logique vaut pour les professions qui exposent à des chutes, au maniement d’armes, d’explosifs ou de produits toxiques. Dans la grande majorité des cas, l’exclusion reste partielle : l’assuré conserve sa couverture pour tout le reste et peut souvent la lever contre une surprime.
Exclusion totale ou partielle : ce que ça change au moment du sinistre
Une exclusion partielle ne vise qu’une cause ou une circonstance. Prenons un emprunteur dont le contrat exclut les suites d’une hernie discale opérée avant la souscription. Un arrêt de travail pour une fracture ou une pneumonie lui sera indemnisé normalement, alors qu’un arrêt lié à sa hernie ne le sera pas.
L’exclusion totale retire une garantie entière. Si l’assureur supprime la garantie incapacité de travail en raison d’une maladie cardiaque, aucun arrêt ne sera pris en charge, y compris un arrêt sans aucun rapport avec le cœur. La différence se lit dans la rédaction de la clause : « exclusion de la garantie ITT » n’a pas du tout la même portée que « exclusion des suites de… ».
Comment limiter les exclusions avant de signer
Les exclusions se négocient bien plus facilement avant la signature qu’après un sinistre. Encore faut-il savoir où les trouver, dans quels cas il est possible de les racheter et comment faire jouer la concurrence entre assureurs.
Repérer les exclusions dans la FSI et la notice
La banque remet une fiche standardisée d’information (FSI) dès la première simulation de prêt. Ce document indique les garanties exigées par la banque et sert de base à toute comparaison. Le détail des exclusions se trouve dans la notice d’information ou les conditions générales du contrat proposé. Les exclusions propres à votre dossier, elles, figurent dans les conditions particulières. Ces trois documents se lisent ensemble : un tarif attractif accompagné de nombreuses exclusions peut, au final, coûter plus cher qu’une cotisation un peu plus élevée assortie d’une couverture plus large.
Racheter une exclusion contre une surprime
Lorsqu’une exclusion vous gêne, l’assureur peut accepter de la lever moyennant une surprime. Le rachat est surtout possible pour les sports à risque, les métiers exposés et les affections du dos ou psychiques. Il l’est beaucoup plus rarement pour les autres pathologies. Il peut se négocier à la souscription comme en cours de prêt. Avant d’accepter, comparez le coût de la surprime sur toute la durée du crédit avec l’offre d’un autre assureur qui ne prévoirait pas cette exclusion. Le rachat n’est pas toujours la solution la moins chère.
Comparer les contrats et changer d’assurance
Rien n’oblige à prendre le contrat de groupe de la banque. Vous pouvez choisir une assurance individuelle dès la souscription du prêt. Depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez aussi changer de contrat à tout moment, sans frais. La banque ne peut refuser que si le nouveau contrat n’offre pas un niveau de garanties équivalent à celui qu’elle exige. Ce droit est désormais largement utilisé : les demandes de changement d’assurance ont atteint 496 654 en 2024, et près de 94 % d’entre elles sont acceptées.
Changer d’assureur pendant un arrêt de travail présentait jusqu’ici un risque. Si la franchise n’était pas écoulée au moment de la résiliation, l’assuré pouvait se retrouver sans aucune couverture pour cet arrêt. Avec l’avis du CCSF de 2026, les assureurs se sont engagés à supprimer ces trous de garantie. L’assureur d’origine continue de couvrir le sinistre déclaré et ses suites directes, y compris une invalidité qui prolongerait l’arrêt sans interruption. En cas de rechute après le changement, c’est le nouvel assureur qui la prend en charge comme un nouvel arrêt. Cet engagement s’applique depuis le 1er septembre 2026 et doit être généralisé au plus tard le 1er janvier 2027. La franchise et le délai de carence du nouveau contrat restent à vérifier avant de signer.
Si un problème de santé conduit les assureurs à refuser le dossier ou à imposer des conditions trop lourdes, la convention AERAS prévoit un examen approfondi de la demande.
Refus d’indemnisation : comment contester une exclusion
Un refus fondé sur une exclusion n’est pas forcément définitif, à condition de suivre les étapes dans l’ordre. On commence par vérifier la clause et la contester par écrit auprès de l’assureur. Si cela ne suffit pas, il reste la médiation puis le juge.
Vérifier la clause, puis faire une réclamation écrite
Commencez par demander à l’assureur un refus écrit qui cite la clause précise sur laquelle il s’appuie. Relisez ensuite cette clause à la lumière des conditions de validité vues plus haut. Elle doit être imprimée en caractères très apparents, formulée sans ambiguïté et mentionnée dans la notice qui vous a été remise. Vérifiez aussi qu’elle s’applique vraiment à votre situation. C’est à l’assureur de prouver que les faits correspondent à l’exclusion invoquée, et une exclusion partielle ne joue que si le sinistre découle bien de la cause visée. Quand le désaccord porte sur une question médicale, par exemple un taux d’invalidité, le contrat prévoit en général une expertise contradictoire à laquelle vous pouvez vous faire assister par votre propre médecin.
Adressez ensuite une réclamation écrite au service réclamations de l’assureur, en joignant vos arguments et les pièces utiles. L’assureur doit en accuser réception, puis vous répondre dans un délai de deux mois au plus.
Saisir la Médiation de l’assurance, puis la justice
Si la réponse ne vous satisfait pas, ou si l’assureur ne répond pas dans les deux mois, vous pouvez saisir gratuitement la Médiation de l’assurance, en ligne ou par courrier. Les assurés y ont de plus en plus recours. Le médiateur a reçu 46 830 saisines en 2025, et les demandes liées à l’assurance emprunteur ont progressé de 77 % en un an. La saisine suspend le délai pour agir en justice. L’avis rendu ne vous engage pas.
Si la médiation échoue, il reste le recours au tribunal, de proximité ou judiciaire selon le montant en jeu. Attention au délai : l’action contre l’assureur se prescrit en principe par deux ans à compter de l’événement qui la fonde (article L114-1 du Code des assurances). Conservez donc tous les échanges écrits dès le premier refus.
Exclusions de garantie : les vérifier avant de signer plutôt qu’après un sinistre
Seules deux exclusions s’imposent à tous les contrats, la faute intentionnelle et le suicide la première année, avec une exception pour la résidence principale. S’y ajoute la sanction qui frappe une fausse déclaration. Tout le reste dépend de l’assureur et de votre dossier, et c’est précisément pour cette raison que les exclusions méritent autant d’attention que le taux. Deux offres au tarif proche peuvent laisser des pans entiers de risque sans couverture, en particulier pour le dos, les troubles psychiques ou les activités sportives.
En tant que courtier, Groupe Hueber Assurances compare pour vous les exclusions de plusieurs contrats et vous aide à repérer celles qui peuvent être rachetées ou évitées en changeant d’assureur. Les engagements pris dans l’avis du CCSF de 2026 améliorent la lisibilité des contrats et la continuité de couverture, mais ils ne dispensent pas de lire la notice. Une exclusion découverte avant la signature se négocie, alors qu’une exclusion découverte après un sinistre se conteste, avec une issue bien plus incertaine.
Questions fréquentes sur les exclusions de garantie
Peut-on faire lever une exclusion après la signature du prêt ?
Oui. Vous pouvez demander à votre assureur de racheter l’exclusion contre une surprime, ce qui reste possible en cours de prêt pour les exclusions liées aux sports, aux métiers à risque ou aux affections du dos et psychiques. Vous pouvez aussi souscrire un autre contrat qui ne la prévoit pas, puisque la loi Lemoine permet de changer d’assurance à tout moment. Selon votre situation, le nouvel assureur pourra toutefois vous demander de remplir un questionnaire de santé.
Le burn-out est-il couvert par l’assurance emprunteur ?
Tout dépend du contrat. Le burn-out fait partie des maladies non objectivables, que certains assureurs excluent totalement et que d’autres ne prennent en charge qu’après une hospitalisation. D’autres contrats encore les couvrent normalement, d’office ou grâce à une option dos/psy. La réponse figure dans la notice, généralement dans la partie qui traite des affections psychiques.
Une exclusion absente de la notice peut-elle m’être opposée ?
Non. Une exclusion ne s’applique que si elle figure dans les documents contractuels remis avant l’adhésion, en caractères très apparents et dans une rédaction claire. Si l’assureur invoque une clause que vous n’avez jamais reçue, elle ne vous est pas opposable. Vous pouvez contester le refus auprès de son service réclamations, puis auprès de la Médiation de l’assurance.
Une exclusion s’applique-t-elle si le sinistre n’a aucun lien avec la cause exclue ?
Pas dans le cas d’une exclusion partielle. Celle-ci ne vise qu’une cause précise, et un sinistre sans rapport avec elle est indemnisé normalement. Une exclusion totale supprime en revanche la garantie entière : aucun sinistre relevant de cette garantie ne sera pris en charge, quelle qu’en soit l’origine. La rédaction de la clause permet de savoir dans quel cas vous vous trouvez.
Les exclusions sont-elles les mêmes dans un contrat groupe et dans un contrat individuel ?
Les exclusions légales sont identiques, puisqu’elles s’imposent à tous les contrats. Pour le reste, le contrat groupe de la banque applique des conditions standardisées, laissant peu de marge de négociation. Un contrat individuel est construit à partir de votre profil, ce qui permet souvent d’obtenir des exclusions moins nombreuses ou plus ciblées, et parfois des rachats moins coûteux.

