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Taux de cotisation qui grimpe génération après génération, taux de remplacement qui recule et ne tient qu'à un fil au-dessus de son seuil légal, écarts qui se creusent selon qu'on soit salarié du privé ou agent public… Autant de constats qui montrent que la pension obligatoire seule ne suffira plus à maintenir votre niveau de vie une fois à la retraite. Face à cette réalité, le Plan d'Épargne Retraite (PER) s'impose comme un outil intéressant pour construire dès aujourd'hui le complément de revenu dont vous aurez besoin une fois retraité.   

Le Groupe Hueber Assurances a décortiqué pour vous le rapport 2026 du COR (Conseil d’Orientation des Retraites), avec notamment 3 chiffres clés qui justifient le choix d’un PER en 2026. Nous rappelons ensuite ce que vous apporte concrètement un PER en tant que salarié, avantages qui varient selon le type de PER considéré (individuel, collectif ou obligatoire). Nous vous expliquons ensuite comment ce dispositif vient mécaniquement compenser la baisse des pensions, en s'ajoutant aux régimes de base et complémentaire plutôt qu'en s'y substituant. Nous abordons aussi l'avantage fiscal immédiat que représente chaque versement volontaire et les cas où l'épargne reste débloquable avant la retraite malgré son horizon long terme, pour lever la crainte fréquente de "bloquer son argent". Enfin, nous vous détaillons comment bien choisir votre mode de sortie, en rente, en capital ou en mix, pour optimiser au maximum votre stratégie PER. 

3 chiffres qui plaident en faveur du PER en 2026

Un système par répartition sous tension, des chiffres officiels qui révèlent un taux de remplacement en baisse, un taux de rendement interne nul et des écarts inquiétants selon le statut professionnel : autant d’arguments qui montrent qu’en 2026 vous devriez sérieusement considérer le PER comme complément de revenu pour votre retraite. 

Le taux de remplacement baisse, mais reste de justesse au-dessus du seuil légal

66,6%, C'est le pourcentage du dernier salaire net qu'un non-cadre du privé doit toucher en pension à taux plein, selon un plancher fixé par décret en 2014. le COR constate une baisse du taux de remplacement entre les générations nées dans les années 1950 et celles nées au milieu des années 1970, qui se poursuit ensuite à un rythme plus faible. Concrètement, à carrière comparable, les actifs d'aujourd'hui toucheront proportionnellement moins que leurs parents. 

Ce taux resterait malgré tout tenu, de justesse, au-dessus du seuil légal des deux tiers jusqu'aux générations nées en 2000. La loi n'est pas transgressée, mais la marge se resserre, et 66,6 % du dernier salaire reste, dans l'absolu, une perte de pouvoir d'achat non négligeable.

Un rendement nul interne du système pour un cadre de la génération 2000

Le taux de rendement interne (TRI) mesure ce que rapporte, une fois à la retraite, chaque euro cotisé pendant la carrière, un peu comme le rendement d'un placement. Pour la génération 2000, le COR calcule un TRI proche de 0,8 % pour un non-cadre, mais quasi nul (0,0 %) pour un cadre, alors même que l'effort de cotisation a augmenté sur la période (le taux de cotisation moyen sur la carrière est passé de 19 % pour la génération 1940 à 28 % pour la génération 2000). Le système redistribue davantage vers les revenus modestes : plus on cotise sur des revenus élevés, moins la retraite par répartition "rend" par rapport à l'effort fourni. 

Pour les cadres et hauts revenus en particulier, c'est un argument frappant pour vous convaincre de construire vous-même un complément via l'épargne individuelle.

13 points d'écart entre un non-cadre du privé et un fonctionnaire de catégorie B

Le taux de remplacement ne baisse pas de la même façon pour tout le monde. Chez les fonctionnaires, la pension se calcule uniquement sur le traitement indiciaire (hors primes), or les primes pèsent de plus en plus dans leur rémunération totale, ce qui fait chuter leur taux de remplacement plus vite. Résultat pour la génération 2000 : un non-cadre du privé toucherait un taux de remplacement supérieur d'environ 13 points d'écart à celui d'un fonctionnaire sédentaire de catégorie B (une catégorie qui comprend ceux qui exercent des fonctions d'application et d'encadrement intermédiaire, par exemple un contrôleur des impôts, un secrétaire administratif, un technicien territorial, un rédacteur, etc). 

Concrètement, plus le régime obligatoire remplace mal le dernier salaire, plus l'épargne individuelle a de poids pour combler l'écart. Un PER individuel, accessible même sans PER d'entreprise, est le levier le plus direct pour un agent public de catégorie B.

Comment le PER compense concrètement la baisse des pensions

Face à ce recul progressif du taux de remplacement, le PER agit comme un troisième étage de la retraite, distinct des deux premiers (régime de base et régime complémentaire Agirc-Arrco), et apportant des avantages différents s’il s’agit d’un PER individuel, collectif ou obligatoire.

Un capital ou une rente qui vient s'ajouter, pas remplacer

Le PER ne se substitue jamais aux pensions obligatoires : il vient s'additionner à ce que versent la Sécurité sociale et l'Agirc-Arrco. C'est cette logique de "3ᵉ étage" qui permet de compenser, au moins en partie, l'écart entre le dernier salaire net et le montant de la pension obligatoire, que cet écart soit de 33 % (le complément au seuil légal des 66,6 %) ou davantage, selon le statut professionnel du salarié.

Le PER collectif (PERECO) : une brique flexible, dopée par l'abondement employeur

Le PER collectif est alimenté par des versements volontaires du salarié, mais aussi par  de l'intéressement, de la participation, ou des jours de congés non pris transférés depuis un compte épargne temps. C'est le dispositif le plus souple : le salarié choisit lui-même le rythme et le montant de ses versements.

Son véritable atout est l'abondement employeur. Contrairement aux cotisations obligatoires versées au régime général, cet abondement est un complément que le système par répartition ne verse jamais spontanément : c'est de l'argent que l'entreprise ajoute directement à l'effort du salarié, sans qu'il ait à cotiser davantage lui-même. Plafonné à 3 fois le versement du salarié et à 7 690 € par an, il peut représenter un rendement immédiat et garanti allant jusqu'à +300 % sur la mise, un niveau qu'aucun placement financier classique ne peut offrir. Un salarié qui a accès à un PERECO avec abondement et ne l'utilise pas se prive donc d'un levier que même le PER individuel ne peut pas reproduire.

Le PER obligatoire (PERO) : une épargne imposée, mais garantie

Le PER obligatoire fonctionne différemment : l'employeur y verse des cotisations régulières et obligatoires pour une catégorie définie de salariés (par exemple les cadres, ou l'ensemble du personnel). Contrepartie de cette obligation : la sortie se fait uniquement sous forme de rente viagère, donc un revenu garanti à vie, calé sur le même principe que les pensions de base et complémentaire.

Le PER individuel (PERIN)

Contrairement au PERECO ou au PERO, le PERIN n'offre aucun avantage propre au statut de salarié : ouvert à tous (salarié, indépendant, sans emploi), il fonctionne uniquement par versements volontaires, sans abondement employeur possible. Son intérêt pour un salarié est donc surtout complémentaire : il permet de continuer à épargner même sans PER d'entreprise, ou de compléter ce que le PERECO/PERO ne couvre pas, avec la même déduction fiscale et la même flexibilité de versement que pour n'importe quel épargnant.

Concrètement, quel capital pour quel effort d'épargne ?

Exemple 1 : PER individuel (PERIN), versements volontaires seuls

Un salarié qui verse 100 €/mois sur son PER individuel pendant 25 ans, avec un rendement moyen modéré de l'ordre de 3 % net par an, peut se constituer un capital de l'ordre de 45 000 € à la retraite, pour un effort personnel total de 30 000 € versés sur la période, le reste provenant des intérêts capitalisés. De quoi transformer une pension calée sur 66,6 % du dernier salaire en un revenu net sensiblement plus proche du niveau de vie antérieur.

Exemple 2 : PER collectif (PERECO), avec abondement employeur

Même effort de versement (100 €/mois), mais cette fois sur un PERECO où l'employeur applique un abondement de 100 % (il double chaque versement du salarié, dans la limite réglementaire). Avec le même rendement moyen de 3 % net par an, le capital final grimpe à environ 90 000 € au bout de 25 ans, pour un effort personnel toujours limité à 30 000 €, l'employeur ayant apporté l'équivalent sur la période, en plus des intérêts générés sur l'ensemble. Même durée, même effort d'épargne personnel, capital final doublé grâce au seul abondement.

A noter : ces deux exemples sont des estimations pédagogiques simplifiées (rendement moyen constant, hors frais de gestion) et ne constituent pas une projection garantie. Pour obtenir une projection réaliste, nous vous recommandons de faire une simulation officielle et gratuite sur info-retraite.fr (connexion via FranceConnect requise) pour estimer, à partir de votre carrière réelle, le montant de votre future pension et mesurer concrètement l'écart à combler avec un effort d'épargne complémentaire. 

L'avantage fiscal, un levier immédiat pour le salarié

Au-delà d’offrir un complément de revenu à la retraite, le PER offre un avantage plus immédiat : chaque versement volontaire vient réduire le revenu imposable de l'année, dans la limite d'un plafond fixé chaque année pour chaque membre du foyer fiscal.

Nouveauté à noter pour 2026 : les plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être reportés sur 5 ans (contre 3 ans auparavant), un délai plus confortable pour rattraper les années où l'on a peu ou pas versé. Autre levier méconnu : les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs, ce qui permet à un conjoint qui dispose d'un plafond non utilisé de le transférer à l'autre.

Le montant exact de l'économie d'impôt dépend directement de la tranche marginale d'imposition (TMI) du salarié : grosso modo, plus elle est élevée, plus la déduction est intéressante.

Les cas où l'épargne reste accessible avant la retraite

Bloquer son argent pendant des décennies demeure souvent un frein important dans le choix d’investir ou non dans un PER. Ce dernier est pourtant plus souple que ce que l’on croit, puisque la loi a prévu 6 cas de déblocage anticipé, qui permettent de récupérer tout ou partie de son épargne avant la retraite.

Cas légaux de déblocage anticipé pour “accident de la vie”

  1. Décès de l'époux, de l'épouse ou du partenaire de Pacs
  2. Invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs
  3. Surendettement (la demande doit alors être faite par la commission de surendettement elle-même)
  4. Expiration des droits à l'assurance chômage, ou cessation d'un mandat social depuis au moins 2 ans sans liquidation de pension
  5. Cessation d'une activité non salariée suite à un jugement de liquidation judiciaire

Le 6ᵉ cas, non lié à un accident de la vie :

  • L'achat de la résidence principale, seul cas de déblocage anticipé qui ne répond pas à une situation de coup dur. Attention toutefois : les sommes issues de versements obligatoires (typiquement sur un PERO) restent bloquées même dans ce cas.

Dans tous les cas, la demande se fait par lettre (de préférence recommandée) adressée au gestionnaire du plan, accompagnée d'un justificatif d'identité, d'un RIB et d'un justificatif de la situation invoquée.

Le PER n'est donc pas un coffre-fort cadenassé auquel vous ne pourrez pas accéder avant l’âge de votre départ en retraite ! Si vous traversez un coup dur, ou si vous voulez acheter votre résidence principale, l'épargne reste mobilisable, ce qui en fait un outil plus flexible que prévu.

Bien choisir sa sortie : rente, capital, ou mix

Le PER offre trois modes de sortie à la retraite : en capital, en rente viagère, ou une combinaison des deux. Mais ce choix n'est pas totalement libre, il dépend de l'origine des sommes versées sur le plan.

Règles à connaître selon l’origine du versement 

Les versements volontaires (que vous ayez choisi de les déduire ou non de votre revenu imposable) peuvent être débloqués en capital, en rente, ou en mix des deux.

Les sommes issues de l'épargne salariale (intéressement, participation, abondement employeur sur un PERECO) suivent la même souplesse.

Les versements obligatoires, typiquement ceux effectués sur un PERO, ne peuvent être débloqués qu'en rente viagère. Aucune sortie en capital n'est possible sur cette partie-là, sauf exception si la rente mensuelle est si faible (moins de 110 €) qu'elle peut être convertie en capital d'un commun accord avec l'assureur.

Pourquoi ça change tout de réfléchir à la sortie dès l'entrée

Construire un revenu complémentaire qui compense réellement la baisse des pensions, ce n'est pas juste "épargner puis voir plus tard", c'est anticiper, dès les premiers versements, la façon dont cette épargne sera restituée.

Si l'objectif est un revenu régulier et sécurisé à vie, comparable à une pension classique, la rente viagère est la logique la plus proche du fonctionnement des régimes obligatoires, avec, en prime, la possibilité d'opter pour une rente réversible au bénéfice du conjoint survivant.

Si l'objectif est plutôt de financer un projet précis au moment du départ (travaux, aide à un enfant, achat), le capital, versé en une fois ou fractionné, offre une flexibilité que la rente n'a pas.

Le PERO, par sa nature obligatoire et sa sortie exclusivement en rente, s'adresse de fait à une logique de revenu de complément pur, tandis que le PERECO et le PERIN laissent le salarié arbitrer librement selon ses besoins du moment.

A noter : plus la part de l'épargne provient de versements obligatoires, moins le salarié a de marge de manœuvre à la sortie. D'où l'intérêt, pour ceux qui veulent garder le choix, de privilégier les versements volontaires et l'épargne salariale plutôt que de compter uniquement sur un PERO.

Le PER, une épargne pour envisager sereinement le futur dans un contexte inquiétant

Les chiffres du COR sont sans appel : le taux de remplacement recule et l'écart se creuse selon le statut professionnel. Pour un salarié, qu'il soit non-cadre du privé, cadre ou agent public, la question n'est plus de savoir si un complément de revenu sera nécessaire à la retraite, mais quand commencer à le construire. 

Le PER, sous ses trois formes (individuel, collectif ou obligatoire) répond précisément à cette logique de "3ᵉ étage", mais mal calibré, il n'a pas le même effet compensateur qu'un PER pensé dès le départ : niveau de versement, arbitrage rente/capital, utilisation de l'abondement employeur quand il existe. Chaque paramètre compte ! Plus l'entame est précoce, plus l'effet correcteur joue à plein : moins de plafond fiscal gaspillé, plus d'années pour laisser l'abondement et les intérêts composés produire leur effet. Nos experts chez Groupe Hueber Assurances peuvent ainsi vous aider à déterminer la meilleure stratégie pour votre épargne retraite. 

Finalement, le PER, pour un salarié, c’est un outil flexible, fiscalement avantageux dès aujourd'hui, potentiellement dopé par l'abondement de l'employeur, et jamais totalement hors d'atteinte en cas de coup dur : de quoi vous assurer à la retraite un niveau de vie que le régime obligatoire seul ne suffit plus à garantir.